[sérigraphie] Test du papier Yupo

[sérigraphie] Test du papier Yupo
12 décembre 2018 Sophie
In impression textile, sérigraphie, Tutoriel

Récemment, grâce au livre Print Play de Lara Davies et Jessie Wright, j’ai découvert le papier Yupo pour la sérigraphie. Tout d’abord, impossible de mettre la main dessus dans les deux magasins de beaux-arts de Lille, Rougier & Plé et le Géant des Beaux-Arts : ils ne savent tout simplement pas ce que c’est. Je me suis donc tournée vers Amazon, j’avais besoin de tester ce produit pour peut-être l’apporter ensuite au Géant des Beaux Arts. Mais même après leur avoir montré, ça ne leur évoque rien

 

C’est quoi le papier Yupo ?

C’est un papier synthétique de la marque Frisk et fabriqué par Artcoe en Grande-Bretagne. Je connaissais déjà la marque Frisk pour avoir utilisé leur papier adhésif Frisket pour les pochoirs (voir le tuto sur la sérigraphie au pochoir). Le terme de papier est relativement impropre mais c’est celui employé par la marque. C’est une feuille synthétique à surface très lisse, qui peut être utilisé avec de l’acrylique, de l’aquarelle, des encres à alcool, etc. Apparemment, il suffit de frotter pour récupérer la surface blanche en dessous ; on peut aussi griffer le papier pour faire des effets. Je vous invite à regarder ici le résultat qu’on peut obtenir.

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Ce papier Yupo est disponible en plusieurs grammages (85 g, 110 g) et j’ai testé le 85 g/m² qui me paraissait suffisant pour ce que je voulais en faire. Effectivement à l’usage c’est parfait : pas trop fin pour être manipulé sans trop d’angoisse et pas trop épais pour l’impression.

papier yupo - fluidité

yupo-paper

 

Création du motif

Comme pour le papier adhésif, il est possible de dessiner directement au crayon à papier sur la feuille ; il faut juste être prudent quand on gomme car la feuille peut se plier aisément. Ensuite, quand le motif est terminé, on le découpe au scalpel, ça se fait très bien vu la finesse du papier.

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Sans se tromper de sens si le motif prévu en a un, il suffit tout simplement de le fixer au dos du cadre avec du ruban adhésif. [J’utilise les termes cadre et écran de manière interchangeable, désolée pour les puristes]. Et voilà !

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Impression

Une fois le papier fixé au dos du cadre, l’impression se fait comme n’importe quelle impression en sérigraphie : on verse de l’encre dans la partie haute, on pose bien à plat le cadre sur la surface à imprimer et avec la racle, on tire une ou plusieurs fois pour faire passer l’encre à travers les mailles.

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Que choisir : Yupo ou Frisket ?

Par rapport au papier adhesif Frisket, j’apprécie la simplicité de mise en place : ce dernier peut faire des bulles, être mal positionné, etc. Avec le papier Yupo, la pose est très facile. Le second avantage, qui est à mes yeux bien plus important, c’est que le motif est réutilisable. En effet, il suffit de le décrocher du cadre, de le laver délicatement et de le laisser sécher. Comme c’est un papier synthétique, il ne se déforme pas et ne gondole pas. Le papier Frisket quant à lui n’est pas réutilisable : une fois décollé du cadre, il doit aller à la poubelle.

 

Que choisir : pochoir avec le papier Yupo ou autres méthodes de création de motif ?

Dans cet article, je vous ai présenté la méthode de la création de motif avec le fluide révélateur. Le résultat est au final le même pour la sérigraphie, puisqu’il s’agit de créer un pochoir. Toutefois, la mise en oeuvre, puis les possibilités de réutilisation ne sont pas les mêmes. Comparativement au papier Yupo, la méthode du fluide révélateur est très longue à mettre en place : il faut d’abord faire le motif avec le fluide, attendre qu’il sèche, poser le bouche-pores, attendre qu’il sèche, rincer le fluide révélateur, attendre que le cadre sèche. Typiquement, c’est une méthode que je réalise au moins la veille du jour où je veux imprimer pour que le séchage soit complet à chaque étape. Avec le papier Yupo c’est bien moins long puisque c’est la complexité du motif qui déterminera la durée de création du motif et il n’y a pas toutes ces étapes intermédiaires.

Je n’ai pas encore testé le papier Yupo pour des impressions multiples à la suite et je ne sais donc pas comment il se comporte : est-ce que le papier reste bien en place ? est-ce que l’encre ne bave pas ? Tous ces éléments sont à vérifier.

Pour les impressions multiples, la méthode du fluide révélateur est plus durable, celle de l’émulsion photosensible (dont je ne vous ai pas encore parlé) l’est également. Le gros inconvénient du fluide révélateur, c’est qu’il ne faut pas le laisser sur le cadre trop longtemps, sinon il est impossible à enlever. Cependant, comme il s’applique au pinceau, le motif au fluide révélateur pourra donner un aspect assez particulier, qu’on peut rechercher.

 

Bilan du papier Yupo

Je vais essayer de vous synthétiser les avantages et les inconvénients du papier Yupo.

 

Facilité de mise en oeuvre

Le gros avantage de cette méthode, c’est la facilité de mise en oeuvre : un papier, une gomme et un scalpel et hop, vous avez votre motif. C’est donc une méthode accessible aux débutants et à ceux qui voudraient essayer la sérigraphie sans y passer trop de temps et sans se ruiner – la sérigraphie étant une activité qui coûte cher et qui demande de la place et du temps. Pour environ 50-60 €, vous pouvez tester la méthode. Bien sûr, ça reste cher pour ne faire que tester une activité mais il est impossible de faire moins : il vous faut payer le papier, le scalpel et surtout le cadre (25-40 €), la racle (15-20 €) et l’encre (15 €).

 

Réutilisable

Comme je vous l’ai expliqué plus haut, le papier Yupo est réutilisable si on le nettoie avec soin. Je ne sais pas exactement quelle est sa durée de vie, mais je pense qu’on peut garder son motif plusieurs années sans que le papier ne se dégrade. Comme on peut le décrocher et le stocker, il permet aussi de ne pas “bloquer” un cadre avec un seul motif. C’est le problème avec ceux créés avec la méthode du fluide révélateur ou celle de l’émulsion photosensible. Ce point est particulièrement intéressant quand on n’a pas beaucoup de place pour stocker des cadres : un seul cadre peut servir à des dizaines de motifs en alternance. Cette technique est donc très bien pour les impressions en très petites séries dont on pourrait avoir besoin de temps en temps.

 

Limites

Ce produit n’est pas facile à trouver : j’ai commandé le mien directement chez Amazon mais impossible de le trouver dans les chaînes de magasins de beaux arts en France. Une rapide recherche sur internet montre qu’on ne le trouve quasiment  qu’aux Etats-Unis et au Canada, dommage.

 

Il est le plus souvent disponible aux formats A4 et A3 ; il est toutefois possible d’en acheter un rouleau, mais alors ce n’est pas le même prix.

Les motifs seront limités par ce que l’on peut découper avec un scalpel : la finesse des motifs ne sera pas la même qu’avec l’émulsion photosensible ou même le fluide révélateur. Enfin, et c’est logique, on est limités par le fait qu’il s’agit d’un pochoir : il n’est pas question de laisser un élément flotter au milieu. S’il s’agit d’un gros élément, il est peut-être possible de le fixer avec de l’adhésif double-face mais ça me paraît très risqué.

 

Dans l’ensemble vous l’avez saisi, je trouve que c’est une très bonne façon de s’initier à la sérigraphie.

 

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